Les dessous du Temple de la Madeleine

Bibliothèque de Ge : aquarelle du Temple de la Madeleine, auteur inconnu

Avec l’archéologue cantonal, Michel Terrier, nous avons découvert avec beaucoup d’intérêt les dessous de l’Eglise de la Madeleine. Elle a été édifiée sur  l’emplacement d’un quartier portuaire dont les origines remontent au dernier quart du IIe siècle. Une résidence sera construite sur cette zone à l’époque romaine.

Le mur de l’époque romaine

Les bâtisseurs successifs réutilisent les pierres. ici le pas de porte d’une maison romaine est récupéré pour rehausser un mur plus récent.

A partir de César et la conquête des Gaules, Nyon devient capitale régionale et Genève, capitale commerciale. Vers le IIIe siècle, la surface de la cité sera réduite au sommet de la colline, avec la ville haute enceinte d’un mur fortifié. La ville basse est en contrebas. Ce quartier semble alors ruiné et une zone funéraire se développe sur ce secteur désormais hors les murs. Ce cimetière est entoure d’une clôture contre laquelle est adossé un petit oratoire abritant une tombe vénérée et de précieuses reliques. A la fin du VI siècle Genève explose, les Burgondes y installent leur capitale et Genève est à la tête d’un diocèses important. L’évêque est très puissant, la ville est enfermée dans ses murs autour de la cathédrale. Des églises, dont la Madeleine, s’installent autour, préfigurant les quartiers actuels.

Tombes mérovingiennes

Des tombes sont enfouies sous l’édifice, avec des sarcophages. L’église sera agrandie et devient une petit église paroissiale avec des fonts baptismaux, elle sera dotée du traditionnel choeur carré caractéristique de nos régions. C’est à ce moment que le vocable de la Madeleine apparaît.

L’aménagement d’un cheminement en bois permet aux visiteurs de remonter le temps.

Côté chaire, côté rue

La Réforme à Genève 1517 – 1617

Gravure de Genève (environ 1520)
image ArchivesEtatGE

L’expo montre l’impact de la réforme sur la vie des Genevois. On célèbre les 500 ans de la protestation de Martin Luther contre les indulgences. Cet évènement n’a pas de véritable répercussion sur Genève avant le début des années 1530. Diffusées en 1520, ces idées engendrent une agitation religieuse qui émanent d’une mobilisation collective.

Eduquer le chrétien : le Collège et l’Académie                                                                      Pour les premiers réformateurs Calvin et Farel, les enfants sont d’importants acteurs de la transmission des nouvelles idées et dès 1541, les Ordonnances ecclésiastiques, rappellent « qu’il faudra dresser Collège pour les instruire, afin de les préparer tant au ministère qu’au gouvernement civil ».        Image ArchivesEtatGE

L’expo montre comment les Genevois se sont impliquées dans le processus de la Réforme et met en évidence comment la conversion a affecté leur vie quotidienne. Les archives présentent l’écho de l’activisme, de la résistance ou de l’adaptation des divers acteurs (hommes, femmes, enfants) et soulignent la changement réel ou mythifiés qu’impose la pratique du nouveau culte.

Une vingtaine de vitrines contiennent des manuscrits des années de la Réforme et ces écrits montrent pas-à-pas ses avancées et ses effets sur la population et la vie courante des Genevois. Des illustrations parlantes imagent la présentation et donnent une bonne idée du déroulement de ces années agitées.

D’après :  www.ge.ch/archives2017

Musée d’ethnographie (MEG)

Le MEG

Photo internet           Le MEG, avec sa façade claire et biaisée fait penser à une pagode.             

Avec son toit pentu qui s’élance vers le ciel comme une pagode, le Musée d’ethnographie, nouvelle mouture ne passe pas inaperçu. Pendant une heure, un guide bien documenté, nous a fait découvrir l’institution et sa manière originale d’appréhender la muséographie. C’était une visite bien agréable et utile pour comprendre l’agencement des vitrines. Le toit pointu abrite une bibliothèque bien documentée et une audiothèque dans laquelle on peut écouter presque toutes les musiques du monde. C’est là que se déroulent les séances d’ethnomusicologie.

Photo internet

Photo internet                                      La visite commence par l’Arche de Noé  qui fait face à la fresque des vagues en mouvement perpétuel.

La salle d’exposition, en sous-sol présente une imposante arche de Noé, sur laquelle sont rassemblés des objets de tous pays, venus par bateau. Lui fait face, une grande fresque de vagues filmées de haut, qui illustrent par leur mouvement perpétuel le temps qui passe inexorablement. Ce qui fait penser que nous ne sommes qu’un grain de sable insignifiant dans cet insondable univers.

80'000

Photo Internet                  L’exposition permanente conte la façon dont les différentes cultures se sont développées au cours du temps.

Dans la salle principale, les vitrines sont alignées par continent. Elles donnent un aperçu de certains côtés des populations d’antan. Que ce soit les aborigènes d’Australie, les Indiens d’Amérique ou encore les Inuits, nous découvrons les principaux et souvent très beaux objets de leur vie. Utilitaires ou décoratifs, ils offrent une intéressante image de la vie des ces populations souvent disparues ou en voie de disparition.

Une visite qui nous a un peu laissé sur notre faim, c’était d’ailleurs le but: donner l’envie d’y retourner pour mieux découvrir et admirer tous ces objets ayant réellement servi dans la « vraie vie ».

Lascaux, la préhistoire à notre porte

 

80000

William Shakespeare : « Le passé est un prologue ». L’âge estimé des gravures et peintures de la grottes de Lascaux est estimé à 18’000 et 17’000 ans.

Nous avons eu la chance de faire un magnifique voyage dans le temps en visitant l’exposition sur la grotte de Lascaux qui s’étend sur près de 4000 mètres carrés. C’est d’abord l’aventure de quatre garçons qui découvrent par hasard le site en 1940. L’ouverture était bouchée par des éboulements successifs mais, un arbre déraciné met à jour l’entrée étroite d’un tunnel possible. Les garçons l’agrandissent et se faufilent à l’intérieur. Ils aperçoivent les premières peintures, puis le lendemain, les découvertes continuent. Ils réalisent alors que ces fresques ont une certaine importance et en parlent à leur instituteur. A partir de là, la rumeur enfle, les visiteurs affluent et le monde scientifique s’intéresse au lieu.

Le puits, d'une profondeur de 5 mètres, présente l'unique figure humaine de la grotte de Lascaux.

Le puits, d’une profondeur de 5 mètres, présente l’unique figure humaine, de la grotte.  Un homme blessé au thorax porte un masque d’oiseau. Qui était-il ? Chasseur ? Chaman ? Pour les spécialiste l’énigme demeure.  A ses côtés, un taureau transpercé d’une flèche et un oiseau. Des signes, non-décodés à ce jour, ponctuent la scène. De nombreux mystères demeurent sur la vie de ceux qui nous précédés il y a des milliers d’années.

Mais la notoriété a un prix. Avec plus de 1000 entrées par jour, les détériorations commencent. Un développement d’algues dû la vapeur d’eau produite par la respiration altèrent encore les fresques. Seule solution, fermer le site, ce qui est ordonné par André Malraux, ministres des affaires culturelles en 1963. Mais c’est vraiment très dommage de laisser de tels trésors dans l’oubli.  Une réplique de Lascaux est alors réalisée à 200 mètres de l’original et les portes sont ouvertes en 1983.

Scène de la vie quotidienne. Une contribution des Musées d’histoire naturelle et d’art et d’histoire de la ville de Genève

270 000 visiteurs par an… C’est trop, les lieux se fragilisent, alors un nouveau Lascaux est mis en chantier. C’est un fac-similé, semblable en tous points à l’original, l’ouverture a été faite l’an passé. Mais pour ceux qui ne souhaitent pas se déplacer, une formidable exposition itinérante a été montée. Elle met en scène les peintures rupestres, les hommes de l’époque (1963 gravures et peintures sont renfermées au total à Lascaux) et retrace la vie d’alors. Avec des reproductions, des maquettes, des écrans tactiles, un film en 3D…On en a plein les yeux; on découvre et on comprend ainsi un peu mieux l’aube de notre histoire.

Un magnifique cervidé et des signes dont on ignore toujours la signification

Un cervidé couronné de bois somptueux et des signes dont on ignore toujours la signification.

G’nevois quand j’te vois…..

Wolfgang-Adam Toepffer; 1766-1847 Témoin caustique d'une société genevoise en mutation

Wolfgang-Adam Toepffer; 1766-1847, témoin caustique d’une société genevoise en mutation

Le peintre Adam Töpfer (père de Rodolphe) commence véritablement sa carrière en 1798, quand Genève est annexée à la France. Il innove avec des peintures à l’huile (commandées notamment par l’impératrice Joséphine) et parallèlement avec des caricatures. Mais son talent explose vraiment vers 1814, Il s’engage activement aux côtés des libéraux et élabore des caricatures politiques remarquables.

Caricature malicieuse de Joseph Des Arts

Caricature malicieuse de Joseph Des Arts

Il dénonce avec mordant les travers  des hommes  politiques, acteurs de la Restauration. D’une manière humoristique, il croque la comédie humaine de la Genève de cette époque. Il s’en prend notamment à l’article 8 qui permet seulement à une certaine élite fortunée de voter. Ce chiffre figure sur le vêtement du syndic  Des Arts, la cible préférée de Töpfer, qui le dessine dans des situations cocasses, pas vraiment à l’honneur du personnage.

Impôts

Machine à augmenter ou réduire la générosité des citoyens. Ici un riche horloger crache ses montres et des pièces de monnaie.

Ses caricatures évoquent aussi le difficile accouchement de la constitution et le récurrent problème des impôts auxquels sont soumis les citoyens.

catholique

Un curé et un pasteur piétinant l’œcuménisme en vociférant allégrement l’un sur l’autre

Rien n’échappe à l’oeil sagace et critique du peintre qui transpose bien des actes d’alors en caricatures aussi drôles que percutantes.

mariage

Mariage campagnard 1816

Dessins et peintures à l’huile ont été prêtés au Musée International de la Réforme, pour le temps de l’exposition, par des familles genevoise et le Musée d’art et d’histoire.

Herbert George Wells a dit :

« L’Histoire humaine est par essence l’histoire des idées ».

Le cimetière de Plainpalais ou des Rois

Drôle d’idée d’aller visiter un cimetière ! Et pourtant, c’est la démarche effectuée par une vingtaine de nos membres par une après-midi très maussade. Ce jour-là, le Cimetière des Rois était humide sous des nuages menaçants et parfois, le ciel nous est tombé sur la tête. Le comble dans un pareil lieu.

Sous la conduite

Une tombe toute simple à la mémoire de Jean Calvin, le réformateur mort le 27 mai 1564. Autrement dit, il y a 450 ans.

Sous la conduite éclairée de Nathalie Rillet, nous avons arpenté les allées des 28.000 mètres carrés du « Panthéon genevois ». Ce témoin de l’histoire de Genève abrite aujourd’hui des personnalités ayant contribué à la renommée de la Ville. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En 1469, un hôpital des pestiférés est construit dans un quartier de banlieue maraîchère pour lutter contre les épidémies récurrentes à cette époque. Un cimetière attenant est créé en 1482 pour accueillir les victimes de la peste.

Sur son tombeau, l'épitaphe retrace la vie de

L’épitaphe retrace la vie de Charles-Pictet de Rochemont, homme d’Etat genevois, qui a négocié les frontières actuelles de la Suisse et son statut de neutralité permanente.

Le cimetière tire son nom de la rue dans laquelle il se trouve, nommée ainsi en référence au roi des arquebusiers dont le terrain d’entraînement était dans le quartier. Le titre de roi était décerné, entre 1509 et 1847, à l’arquebusier ayant réussi le meilleur tir lors du concours annuel.

En 1869, le cimetière géré par l’Hospice général est repris par la Ville. D’abord, seuls les protestants y sont enterrés. Le prix de la concession étant plus élevé qu’ailleurs, ce sont les conseillers d’Etat, administratifs et d’autres personnalités qui y sont ensevelis.

"Les Rois", un parc dans la ville

Le cimetière de Plainpalais, ou cimetière des Rois, un parc dans la ville

Vers 1945, des aménagements sont réalisés et transforment les lieux en parc avec de grands arbres et des espaces herbus.

Seules les personnes ayant contribué au rayonnement de la ville peuvent prétendre à une concession.

La tombe d'Alice Rivaz se trouve à côté de celles d'Ernest Ansermet et d'Alberto Ginastera

La tombe d’Alice Rivaz, écrivain, se trouve à côté de celles d’Ernest Ansermet, chef d’orchestre et d’Alberto Ginastera l’un des plus illustres compositeurs latino-américains du XXe siècle

Parmi les 300 tombes, il y a des musiciens, des artistes (acteurs, sculpteurs, peintres) des écrivains, des scientifiques, et beaucoup d’hommes politiques. Quelques femmes entre autres Jeanne Hersch philosophe, Grisélidis Réal, péripatéticienne et Alice Rivaz écrivain.

Quelques pas dans ce cimetière prouve, que de Jean Calvin à Léon Nicole, tous les hommes qui « ont fait » Genève sont honorés dans ces lieux, quelle que soit leur croyance ou leur couleur politique.

Sénèque :

« L’essentiel est l’emploi de sa vie, non sa durée. »

Enfin, Genève est devenu suisse

Débarquement des contingents soleurois et Fribourgeois au Port Noir le 1er juin 1814

Image coll BPU. Débarquement des contingents soleurois et fribourgeois au Port Noir le 1er juin 1814

L’entrée de Genève dans la Confédération a été émaillée de péripéties politiques et guerrières. L’étape la plus concrète fut l’envoi par le lac, le 1 juin 1814, de contingents fribourgeois et soleurois. En effet, en venant de l’est, on ne peut pas atteindre Genève sans passer par la France.

L’historien Richard Gaudet-Blavignac en a fait une relation très vivante et comme d’habitude, il a captivé son auditoire.

Les liens de Genève avec la Suisse ont toujours existé, particulièrement par des traités de combourgeoisie avec certains cantons.

En 1798, Genève est annexée par les Français sous l’empire napoléonien.

bataille de Leipzig

La bataille de Leipzig, octobre 1813, une défaite pour Napoléon 1er. Le total des pertes est incertain, les historiens l’évalue à 140’000 hommes.

Les citoyens de la cité sont alors sur tous les champs de bataille de Napoléon. En 1813, à Leipzig, les affaires vont mal pour l’empereur, les Alliés (Russes, Autrichiens et Prussiens) entrent en Suisse. Pour éviter la confrontation, le syndic de Genève entreprend des démarches. Le 30 décembre 1813, les Français sortent de la ville et quelques heures plus tard, les Autrichiens entrent.

St antoine

Image coll. BPU. Vue prise de St Antoine. Gravure due à F. Ferrière, date des premiers mois de 1814.

Un gouvernement provisoire est formé et le 31 décembre 1813, Genève proclame son indépendance et entame la Restauration. Français et Autrichiens continuent de ferrailler dans le pays de Gex et les Genevois suivent les combats depuis la Treille.

canons

En grande pompe, le retour des canons

Napoléon abdique, le 4 avril 1814, à Fontainebleau. C’est la fin de la guerre et de l’empire. A Genève, les syndics respirent et sortent de leur cachette. En avril, les Autrichiens s’en vont. Il faut relever qu’ils se comportaient assez mal et que leur départ  a été un soulagement. Mais ils partent avec les canons et Genève se retrouve désarmée. Après beaucoup de recherches et de négociations, les canons sont finalement rapatriés.

Le 1er mai 1814, un premier gouvernement provisoire, composé d’aristocrates, met en place la Restauration. Tous les citoyens ne sont pas contents avec cette mesure, ils ont l’impression de revenir à l’Ancien régime voire à l’Antiquité ! Des tensions se créent.

Que va devenir Genève? Des contacts sont pris afin d’entrer dans la Confédération. Certains cantons ne sont pas très chauds. Ce n’est donc pas joué. De plus, les Confédérés exigent une nouvelle constitution et des frontières communes afin de lui assurer une contitinuité territoriale.

Charles Pictet de Rochemont, 1755 - 1824, a négocié les frontières actuelles de la Suisse

Image internet. Charles Pictet de Rochemont, 1755 – 1824, a négocié les frontières actuelles de la Suisse

En 1814, le congrès de Vienne, puis celui de Paris s’appliquent à remettre de l’ordre en Europe. Genève envoie une délégation, composée notamment de Pictet de Rochemont, Gabriel Eynard et Divernois, qui défend les intérêts genevois.

Image internet. Le 20 mars 1815, une déclaration des puissances européennes est signée sur "les affaires de la Confédération".

Image internet. Le 20 mars 1815, une déclaration des puissances européennes est signée sur « les affaires de la Confédération ».

En mai 1814, le Congrès donne son accord à l’entrée de Genève dans la Confédération moyennant une nouvelle constitution et une frontière commune avec la Suisse. Talleyrand, alors ministre français des Affaires étrangères, n’aime pas trop Genève. Il souhaite qu’il y ait une frontière commune avec la Suisse (désenclavement) mais aussi des limites naturelles avec la France.

Image internet. Peinture de F. Dufaux. L'arrivée des troupes suisses à Cologny. 1er juin 1814

Image internet. Peinture de F. Dufaux. L’arrivée des troupes suisses à Cologny, 1er juin 1814

Les Autrichiens partis, il y a un problème de service d’ordre. On va demander de l’aide aux Confédérés. Il faut un acte solennel et le 17 mai, il est décidé que l’évènement sera fastueux avec musique, chant et congés. Le matin du 1er juin 1814, tout est prêt. Pas de chance, le gouvernement provisoire reçoit une lettre de la France: « Vous  n’aurez ni Salève, ni Vuache. » Donc pas d’élargissement de territoire qui aurait permis une frontière naturelle entre la France et la Confédération.  Tant pis, on se débrouille et trois barques partent de Nyon avec des troupes soleuroises et fribourgeoises, ainsi on n’empiète pas sur la France. 

le 1er  juin 1814, la F^te sur la Plaine de plainpalais

le 1er juin 1814, Genevois et Confédérés font la Fête sur la Plaine de Plainpalais

Acclamés et fêtés par des milliers de spectateurs enthousiastes, les Confédérés, sous le commandement du colonel Girard, débarquent au Port Noir. Micheli les accueille. On boit, on mange, on ripaille toute la nuit avec beaucoup de liberté et cordialité.

Le 12 septembre, la diète accepte Genève dans le giron de la Confédération et le 19 mai 1815, l’acte final est signé.

Genève obtient enfin ses frontières communes avec la Suisse. Sur la rive droite, sept communes du Pays de Gex comptant trois mille cinq cents habitants, sur la rive gauche, vingt-quatre communes savoyardes avec douze mille sept cents habitants vinrent compléter le territoire genevois entre 1815 et 1816.

L'historien Richard Gaudet-Blavignac en a fait une relation très vivante et comme d'habitude, il a captivé son auditoire.

L’historien Richard Gaudet-Blavignac a donné une conférence très vivante et comme d’habitude, il a captivé son auditoire.

D’origine latine et actuelle devise de la Suisse, popularisée par les Trois mousquetaires, d’Alexandre. Dumas. Elle met en valeur la vertu de solidarité : il faut être solidaire et ne faire qu’un :

« Un pour tous, tous pour un »

Une Cathédrale fière de ses dessous

Nous étions une vingtaine à découvrir l'Histoire de Genève par ses dessous. Une remontée extraordinaire dans le temps. A refaire !

Nous étions une vingtaine à découvrir l’Histoire de Genève par ses dessous. Une remontée extraordinaire dans le temps. A refaire !

Presque chaque bâtiment historique repose sur des vestiges anciens, plus ou moins bien conservé. C’est notamment le cas de la cathédrale Saint-Pierre dont on a pu dater certaines parties du IIe au IIIe siècle avant J.-C.

Le site archéologique, un lieu fabuleux à (re)découvrir

Le site archéologique, un lieu fabuleux à la rencontre de notre passé

Avec Marc-André Haldimann, archéologue érudit et charismatique, nous avons eu le privilège de mieux découvrir et comprendre certaines parties des souterrains qui ondulent sous la cathédrale. Les archéologues ont accompli un formidable travail de recherches et de mises à jour précieuses pour déchiffrer l’histoire de Genève. D’abord assez modeste, le bâtiment religieux s’est étoffé au cours des siècles. Incursions et pillages ont certainement modifié les lieux.

Photo : site archéologique Oratoire chrétien vers 350 ap. J.C.

Photo : site archéologique
Oratoire chrétien vers 350 ap. J.C.

Vers 380, un groupe épiscopal est construit, rassemblant lieu de culte et bâtiments résidentiels et administratifs à l’emplacement de l’actuelle cathédrale. Les évêques se succèdent et leur domaine grandit du côté  de Chamonix, Evian et Annecy. Les Burgondes s’installent à Genève, la ville devient une des capitales du nouveau royaume et connaît un fort développement, alors que l’Empire romain disparaît. Arrivent les Francs et le groupe épiscopal subit de profonds changements: églises secondaires, développement des lieux de culte, ajout d’une crypte et amplification du chœur.

Photo: site archéologique VIe siècle agrandissement de la cathédrale nord

Photo: site archéologique
VIe siècle agrandissement de la cathédrale nord

Une grande cathédrale est édifiée au VIIe et VIIIe siècle et supplante bientôt les églises secondaire contigües. Toute cette longue période a marqué de son empreinte les dessous de la cathédrale qui n’en finissent pas de raconter l’histoire, petite ou grande.

Photo: Site archéologique.   Chauffage au sol des cellules des clercs

Photo: Site archéologique.
Chauffage au sol des cellules des clercs

Marc-André Haldimann a mis en exergue quelques faits remarquables. Comme les fidèles gelaient en hiver dans les lieux saint, un astucieux système de canalisations amenait de l’air chauffé au bois. Autre astuce, les grains de blé amassés dans les silos fermentaient ou germaient et devenaient inutilisables pour la fabrication de la farine. Aussi, les meuniers ou boulangers de l’époque les torréfiaient légèrement pour éviter cette dégradation.

Photo : Site archéologique III - IVe siècle : le Traitement du blé

Photo : Site archéologique
IIIe – IVe siècle : le Traitement du blé

Mais, en ce temps-là, on ne pensait pas seulement au travail. Pour encourager leurs hommes, les responsables laïcs et religieux organisaient des banquets bien arrosés. La preuve, les milliers de tessons de jarre retrouvés sur place.

La salle de réception de l'évêque (vers 400). Un cadre magnifique orné d'un somptueux tapis de mosaïque daté du Ve siècle

La salle de réception de l’évêque. Un cadre magnifique orné d’un somptueux tapis de mosaïque daté du Ve siècle

Les évêques disposaient d’une salle magnifique au sol recouvert d’une mosaïque très bien conservée.

Sous la conduite d’un tel guide, notre visite fut riche en découvertes et en rappels historiques. Ces lieux sont à voir et revoir, car chaque fois, d’autres vestiges se rappellent à nous.

Brillante Eglise russe

On la voit de loin, l’église russe avec ses neuf coupoles dorées qui brillent au soleil. Elle est construite sur un terrain mis à disposition par la ville de Genève, sur l’emplacement d’un ancien cimetière paléo-chrétien et où se dressait jusqu’au XVe siècle, le couvent Saint Victor.

La première pierre a été posée en septembre 1863 et trois ans plus tard, l’église fut consacrée sous le signe de l’Exaltation de la Sainte Croix. On  fêtera donc son 150e anniversaire en 2016.

L’église se compose d’une nef principale et de deux bas côtés. La fresque de la coupole centrale représente le Christ et aux encoignures, on voit les quatre évangélistes.

C’est le Père Adrien qui nous a expliqué et fait remarquer toutes les beautés picturales  et architecturales  de l’édifice. Les icônes, d’abord, certaines très anciennes, qui  ornent les parois sur presque toute leur surface. Deux d’entre elles ont été offertes par les moines du Mont-Athos. Les deux grandes icônes de l’iconostase, des deux côtés de la porte sainte, mettent en scène le Christ et la Mère de Dieu.

Mais, elles n’occultent pas la beauté d’œuvres moins spectaculaires, mais tout aussi remarquables.

A noter encore que l’église est posée dans un petit jardin fleuri et rempli d’arbustes.


 
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L’affaire Rado

Episode palpitant de la seconde guerre mondiale : l’affaire Rado du nom de ce « talentueux » espion russe établi à Genève. Dans ces temps troublés, la Suisse était une véritable terre d’accueil pour les espions de tous bords, ceux-ci ne risquant qu’une faible peine de prison. Aussi, Alexandre Rado (et toute sa famille) s’est établi dans notre ville pour communiquer des informations à l’URSS. Il a été bientôt épaulé par les époux Hammel, propriétaires d’un magasin de radio à la rue de Carouge et le trio a transmis régulièrement de précieux renseignements à Moscou.

L’historien Richard Gaudet-Blavignac a retracé avec brio ce chapitre souterrain de notre histoire, nous révélant la face cachée de certains citoyens au service de la Russie.

A ce propos, « Genève appelle Moscou », un ouvrage écrit par Drago Arsenijevic, retrace cette tranche d’histoire peu connue et qui mériterait une meilleure audience.